Découvert en 1596 par Willem Barents, le Spitzberg s’est imposé comme l’un des territoires les plus singuliers du Grand Nord. Île principale de l’archipel du Svalbard, dont une large part est recouverte de glaciers, il concentre en un seul lieu une variété de paysages que l’on retrouve d’ordinaire sur des milliers de kilomètres en Arctique. C’est cette densité qui le rend si particulier. Un véritable concentré polaire.
Ses côtes découpées ouvrent sur des fjords profonds, des fronts glaciaires chaotiques, des baies silencieuses et des montagnes sombres où la neige persiste longtemps. La lumière y change sans cesse, révélant des nuances que le regard ne capte qu’au nord. Le Spitzberg n’a pas un visage. Il en a plusieurs, qui se succèdent au fil des heures et composent un décor à la fois brut et fascinant.

Ce territoire porte aussi l’empreinte des explorateurs. Ceux qui cherchaient une route vers l’Asie, ceux qui ont tenté de rejoindre le pôle Nord, ceux qui ont traversé la banquise en espérant atteindre un secret du monde. Les traces de leur passage existent encore, dans les récits et parfois dans les paysages eux-mêmes. Le Spitzberg rappelle à quel point l’Arctique a été un terrain de quête, de curiosité et de ténacité.
La faune du Grand Nord où les ours polaires sont rois
C’est aussi un sanctuaire pour la faune polaire. L’ours blanc, protégé depuis 1973, y trouve un refuge essentiel. Pendant l’été, on peut l’observer à terre où, opportuniste, il cherche tous les moyens possibles pour se nourrir et tenir jusqu’à l’hiver et au retour de la banquise. On peut aussi le voir sur la glace, son véritable territoire, là où il se déplace et chasse avec aisance.
Le renard arctique, un saisonnier de l'archipel
Autour de lui, une faune riche anime les fjords et les plages. Cependant, le renard arctique est un petit miracle vivant des terres glacées du Grand Nord. Son pelage, d’un blanc éclatant en hiver, se fond dans la neige comme un fantôme discret, tandis qu’en été, il se teinte de brun et de gris pour se confondre avec la toundra. Agile et curieux, il parcourt des étendues infinies à la recherche de lemmings, d’œufs ou de baies, creusant des terriers pour protéger sa famille du vent glacé. Observer ce petit explorateur, capable de survivre là où la vie semble impossible, c’est sentir la magie silencieuse de l’Arctique à chaque pas. Rencontrer le renard arctique, c’est toucher du regard l’ingéniosité de la nature dans son écrin le plus pur et le plus blanc.
Une diversité rare au pôle nord
Dans les vastes étendues glacées de l’Arctique, la vie foisonne de manière spectaculaire. Les rennes parcourent la toundra avec élégance, tandis que les phoques glissent silencieusement entre les glaces. Les morses, imposants et majestueux, trônent sur les plaques de glace. Plus loin dans la froideur de l'océan Arctique, les rorquals aux impressionnantes baleines à bosse, s'envolent de la surface comme propulsés par les eaux profondes où nul ne sait ce qui s'y cache. Cette concentration incroyable d’animaux, tous dans un même territoire, transforme chaque exploration en un véritable spectacle vivant.
La capitale d'un archipel à couper le souffle
Longyearbyen, la ville la plus septentrionale du monde, marque le début des itinéraires. En seulement quelques heures de vol depuis Paris, on passe d’un monde familier à un univers polaire où tout fonctionne différemment. L’air, la lumière, le silence, les distances : tout change. Le Spitzberg ne se contente pas d’être une destination. Il est une transition directe vers l’Arctique, un lieu où l’on perçoit immédiatement la force et la fragilité du nord.

Ce territoire n’est pas seulement beau. Il est instructif, vivant, et profondément marquant. Un endroit où l’on découvre, en un seul voyage, ce que l’Arctique a de plus essentiel.
Pourquoi aller en Arctique ?
Difficile de choisir une seule raison.
Le Spitzberg, c’est la rencontre entre la force du décor et la finesse des détails. Un glacier qui craque. Un pan de montagne qui passe du gris au bleu quand la lumière tourne. Les séracs d’un front glaciaire qui composent une sorte de chaos géométrique. La toundra qui semble désertique, puis révèle des mousses, des roches anciennes, un renne qui passe sans bruit.

Et puis il y a la banquise. Rien de plat ou de lisse. Une surface puissante, irrégulière, qui paraît parfois infranchissable. On imagine très bien les explorateurs du passé avancer dans ce labyrinthe glacé, avec cette même impression de grandeur et de rudesse mêlées.
La faune, elle, ajoute un autre niveau de lecture. Dans l’eau, bélugas, baleines à bosse, rorquals, phoques, morses… Sur les terres, renards polaires, rennes du Spitzberg.
L’ours polaire reste la figure emblématique de l’Arctique. Seigneur du Grand Nord, il vit principalement sur la banquise. C’est là qu’il chasse, accumule des réserves de graisse et passe l’hiver à se nourrir en vue de l’été, période beaucoup plus complexe pour lui.

Au Spitzberg, c’est justement en été qu’on le rencontre le plus souvent à terre. Il est venu par la banquise et attend simplement qu’elle revienne. Cette attente peut durer longtemps. Plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Il se déplace moins, consomme peu d’énergie et devient un opportuniste.
On peut ainsi l’observer dans des situations très variées.
Autour d’une colonie d’oiseaux où il récupère quelques œufs pour un apport de protéines. Près d’un groupe de morses, où les plus audacieux tentent parfois une attaque rarement couronnée de succès, mais qui, si elle réussit, offre une source de nourriture considérable.
Plus rare, mais possible, la présence d’un ours autour d’une carcasse de baleine échouée. Cette dernière peut nourrir plusieurs individus pendant des semaines.
Et puis il y a la banquise. Son territoire naturel. C’est là qu’il excelle, qu’il chasse, qu’il se déplace avec aisance. L’y observer reste un moment unique. La première rencontre marque toujours. Les suivantes aussi.
Le Spitzberg peut offrir de très belles opportunités d’observation de l’ours polaire. Mais rien n’est jamais garanti. La nature décide du reste. Il faut de la patience, de la chance et le bon regard.
Une croisière d’expédition, concrètement
Une croisière d’expédition n’a rien du voyage classique.
Un bateau qui navigue au Spitzberg ne suit pas une route figée. Il part là où les conditions sont bonnes, où la faune se montre, où la glace laisse passer. Les escales ne sont pas des ports, mais des fjords sauvages. Les sorties en zodiac ne sont pas des options. Ce sont des moments centraux du voyage.

À bord du Nanook, on voyage à douze. Ce petit groupe change tout. On observe mieux. On échange plus facilement avec les guides. On profite de leur regard, de leur expérience du terrain, de leurs récits. Les journées se construisent autour de la rencontre avec la nature, pas autour d’un programme figé.
Le confort est là, simple et chaleureux. Le vrai luxe, c’est ce qui se passe dehors. En été, le jour continu pousse à prolonger chaque soirée pour regarder les paysages défiler.
Ce sont des voyages dont on revient transformé. Pas parce qu’ils sont difficiles, mais parce qu’ils sont riches. Il y a une intensité dans la succession des paysages, dans les observations, dans les moments partagés avec les guides.
Le froid, sans excès
On imagine souvent l’Arctique comme un désert glacial. En été, ce n’est pas le cas.
Au Spitzberg, les températures dépassent régulièrement zéro et, fin juin, elles tournent autour de 5 degrés. Le froid existe, bien sûr, surtout en zodiac ou lorsque le vent se lève, mais avec un bon équipement il reste très supportable.
Et il y a aussi les autres jours.
Un beau soleil, une mer calme, une lumière douce, et les températures deviennent étonnamment agréables. Certains moments se vivent même en simple couche chaude, sur le pont, à regarder défiler les paysages.
En bref, le froid n’est pas un frein. Il fait partie du décor, mais il ne limite en rien le voyage.

S’équiper simplement et efficacement
L’idée est simple : s’habiller comme pour une journée de ski.
Un pantalon imperméable, une parka étanche, une doudoune et un pull chaud forment l’équipement idéal. Sur le pont du navire, ces couches vous protégeront parfaitement du froid et du vent.
Les bottes de débarquement sont fournies, et rapidement, gants, bonnet, lunettes de soleil et jumelles deviennent indispensables pour profiter pleinement du paysage.
À bord, privilégiez des chaussures confortables, rien de plus.
Puis-je faire ce voyage ?
Oui, si vous avez une bonne mobilité.
Il n’est pas nécessaire d’être sportif. Les déplacements dans le navire demandent simplement d’être à l’aise avec quelques escaliers. Monter et descendre d’un zodiac nécessite un peu d’équilibre, mais l’équipe est là pour accompagner.
À terre, les guides adaptent toujours les activités au groupe. On peut vivre une très belle expérience même sans marcher trop longtemps.

Les régions polaires sont de ces destinations dont on revient différent. On apprend, on découvre, on s’émerveille. Et il faut parfois des semaines, parfois des mois pour retrouver un rythme normal. Les souvenirs se superposent, les images reviennent par vagues, on se surprend à parler du nord à chaque occasion. On est encore sur le bateau alors que l’on a déjà posé le pied chez soi.
Un voyage polaire n’est pas un voyage comme les autres. Face à la force des éléments, aux glaciers qui s’étirent jusqu’à l’horizon, à la présence silencieuse de l’ours blanc, il reste une sensation qui domine tout le reste : l’émerveillement.
Que faire au Spitzberg ?
Explorer le Spitzberg, ce n’est pas seulement parcourir des fjords ou gravir des glaciers : c’est lire l’histoire que le paysage et la faune ont écrite dans leurs traces. Chaque activité, qu’il s’agisse d’une croisière, d’une randonnée ou d’un kayak, devient alors une immersion dans le récit silencieux de l’île, où chaque empreinte, fissure ou mouvement de glace raconte quelque chose de l’Arctique.
Les croisières d'exploration au fil du pôle nord
Les années sont passées encore et encore… Depuis la nuit des temps, la faune et les humains ont laissés des traces au cœur des villes, des fjords et des paysages.
Les fjords du Grand Nord
Les fjords Spitzberg révèlent les histoires cachées du passé. En observant la glace suspendue au sommet des glaciers ou les stries laissées par leur recul dans les vallées, le visiteur perçoit des siècles de transformations. Les falaises abruptes qui bordent ces fjords sont elles aussi des témoins silencieux, marquées par des millions d’années d’érosion et d’activité tectonique.
Lors d'une croisière Spitzberg vous pourrez décoder les indices que la nature y a laissés. Les guides montrent comment interpréter les empreintes d’ours polaires sur la banquise, les traces des rennes dans la toundra et les signes laissés par les phoques sur les plages de galets.
Parmi les fjords les plus emblématiques, Isfjorden impressionne par la grandeur de ses glaciers et la profondeur de ses eaux, Kongsfjorden captive par ses glaciers actifs et ses couleurs changeantes, et Hornsund séduit par son isolement, offrant un terrain où chaque trace devient un récit à découvrir.
Kayak et exploration des rivières glaciaires
Le kayak Spitzberg ou kayak de mer permet d’observer la faune depuis l’eau, en silence. L'eau coule et laisse passer avec elle les archives du passé. Comme un symbole des époques, elle garde la pureté au fil des âges pour nous transmettre l'histoire de cette île du Spitzberg.
Comme un passage de témoins, les glaciers abondants ont donné vie aux multiples rivières glacières pour nous faire vivre le passé. Translucide, calme, les sédiments filent comme un bateau de plaisance sur la mer de Barents.
À chaque coup de pagaie, des paysages uniques se dévoilent. Les amateurs de photographie s'émerveillent de la faune, des reliefs et des couleurs renvoyés par l'eau cristalline. En kayak vous vivrez une plongée dans l’histoire et la mémoire de l’Arctique.
Photographie arctique : la lumière comme sujet
Au Spitzberg, la photographie ne consiste pas seulement à capturer des paysages ou des animaux, mais à saisir la lumière qui transforme chaque instant en un spectacle unique.
Le soleil de minuit en été crée une luminosité irréelle : ses rayons effleurent les glaciers et se reflètent sur les fjords calmes, donnant aux eaux et à la glace des reflets changeants et des couleurs impossibles à reproduire ailleurs. Chaque cliché devient alors une tentative de capturer la danse de la lumière sur le paysage arctique, où chaque nuance raconte un moment précis du jour éternel.

La faune elle-même se laisse photographier dans ce jeu de lumière singulier. Les ours polaires Spitzberg, phoques, rennes et renards arctiques apparaissent sous un éclairage qui révèle leurs contours et leurs mouvements de façon spectaculaire, tout en respectant les distances minimales pour ne pas perturber les animaux.
Photographier ici, c’est observer le dialogue subtil entre la glace, l’eau, les créatures et la lumière. Chaque image devient une œuvre où la lumière est à la fois décor et sujet, transformant les paysages figés en scènes vivantes et éphémères, uniques à ce territoire polaire.
Le changement climatique au Spitzberg
Depuis le début du phénomène du climat, il faut savoir qu'aucune région du monde ne se réchauffe plus vite. Les glaciers reculent, la banquise disparaît plus tôt, et certaines espèces migrent plus au nord. Cette transformation rend les recherches scientifiques cruciales.
Notre ile Spitzberg à ciel ouvert
L’île abrite d’ailleurs des stations internationales, dont la célèbre réserve mondiale de semences (Global Seed Vault). Cette réserve sert de “plan B” pour la biodiversité agricole en cas de catastrophe. Les graines y sont stockées dans des conditions ultra-froides, assurant leur conservation pendant des siècles. Le site symbolise à la fois la science polaire et la sécurité alimentaire mondiale.
Les conseils pratiques pour ce voyage au Spitzberg
Voyager au Spitzberg exige une préparation minutieuse. Entre climat extrême, faune sauvage et zones protégées, chaque détail compte. Voici les recommandations essentielles pour profiter pleinement de votre expédition en toute sécurité.

Il faudra toujours suivre les consignes locales en cas de tempête ou de banquise instable. À noter pour les voyages en groupe, lors des sorties en zodiac, vous serez sous la tutelle d'un guide francophone.
Quelle est la meilleur période pour voyage au Spitzberg ?
Pour des voyages au Spitzberg, la meilleure période reste tout de même l'été puisque vous pourrez accéder plus facilement à des zones reculées à cause ou grâce à la fonte des glaces.
L'île du Spitzberg et le soleil de minuit
Pour les amoureux des croisières et des randonnées, l'été est la meilleure période pour faire de votre rêve une réalité. Si vous avez de la chance, vous pourrez observer les ours polaires du cercle polaire arctique sur de nombreuses banquises durant votre voyage.
Vos journées seront rythmées par le soleil de minuit et les étendues blanches absolument magiques pour les adeptes des photos. Malheureusement, vous ne pourrez pas voir des aurores boréales durant cette période puisque le soleil dure toute la journée.
L'île du Spitzberg durant l'hiver

La nuit est une des principales caractéristiques de l'archipel du Svalbard durant l'hiver. En ce sens, vous allez devoir vous couvrir car les températures sont glaciales et descendent jusqu'à -20°C. Certaines zones seront également limitées car il sera impossible d'y pénétrer.
Vous pourrez observer des aurores boréales toutes les nuits et vous émerveillerez devant un spectacle grandiose. Enfin, à la différence du Cap Nord, le Svalbard nécessite un équipement renforcé et l'accompagnement est obligatoire durant cette période.
Y'a-t-il du décalage horaire au Svalbard ?
Si l’on regarde la montre, le décalage horaire entre Paris et le Svalbard est minime : une heure en été, aucune en hiver. Pourtant, sur place, cette mesure devient presque insignifiante. Le véritable décalage ne se lit pas dans les heures légales, mais dans la lumière, ou son absence.
En été, le soleil de minuit transforme chaque journée en un continuum lumineux. Même si votre montre avance d’une heure, vous serez à mi-chemin entre deux cycles. Vous devrez adopter un rythme particulier : dormir à midi, marcher à minuit, photographier des fjords baignés de lumière étrange. Chaque activité se fait dans un espace-temps où les repères temporels disparaissent, et où l’expérience sensorielle devient le vrai indicateur des heures qui passent.
L'hiver arrive et les planètes s'alignent. La nuit polaire plonge le Svalbard dans une obscurité quasi totale pendant des semaines. Le décalage avec Paris disparaît sur l’horloge, mais s’impose avec force dans la perception humaine. La lumière devient rare, chaque rayon de soleil ou chaque aurore boréale un événement, un repère précieux. Ici, le temps se lit dans les traces laissées par la neige, le souffle du vent sur les glaciers et la position des étoiles au-dessus des fjords.
Ainsi, voyager au Svalbard, c’est expérimenter un décalage horaire psychologique et sensoriel bien plus intense que celui calculé par une horloge.

En résumé, l’île Spitzberg n’est pas seulement un territoire géographique : c’est une expérience, un choc sensoriel, un moment suspendu entre lumière et silence. Ses glaciers, ses fjords, sa faune et ses lumières en font l’un des derniers grands sanctuaires naturels de la planète.
Voyager au Spitzberg, c’est entrer dans l’Arctique par sa plus belle porte. Et si vous préparez votre aventure, ce guide vous donne toutes les clés pour en faire un voyage inoubliable, puissant et profondément respectueux.