Après avoir accompagné nos voyageurs au fil du Nil, Perrine revient sur cette croisière culturelle en Égypte. Ambiance à bord, sites incontournables, moments d'émerveillement et souvenirs inoubliables : elle nous raconte ce qui fait toute la richesse de cette destination. Rencontre.
Comment décririez-vous l'ambiance générale à bord ?
L'ambiance à bord était vraiment excellente. Nous étions un petit groupe de 35 personnes, accompagnateurs compris, ce qui a rapidement créé une belle cohésion.
Les voyageurs étaient tous là pour une même raison : découvrir ou redécouvrir l'Égypte. Certains n'y étaient pas retournés depuis plus de vingt ans et souhaitaient explorer le pays sous un véritable angle culturel.

Ils recherchaient également la qualité des conférences, l'accompagnement d'un guide local parlant français et une prise en charge de A à Z dans un environnement entièrement francophone.
Comme tout le monde partageait les mêmes attentes et la même curiosité, une véritable convivialité s'est installée à bord. Très vite, chacun discutait facilement avec les autres.
C'est vraiment ce que je retiens de ce voyage : un petit groupe très soudé, réuni autour d'une même passion pour l'Égypte.

Qu'est-ce qui surprend le plus les voyageurs lorsqu'ils découvrent l'Égypte ?
Beaucoup de choses, car c'est un pays très différent de la France.
Ce qui m'a vraiment marquée, et qui a aussi beaucoup impressionné le groupe, c'est l'état de conservation des sites.
Dans certains endroits, comme la Vallée des Rois ou Médinet Habou, on distingue encore les pigments d'origine sur les murs. C'est incroyable. On se dit que ces décors ont plus de 3 000 ans et sont pourtant toujours là, presque intacts.

Compte tenu des conditions climatiques du pays, on a du mal à l’imaginer avant de le voir de ses propres yeux.
L'autre élément qui surprend énormément, c'est la démesure des temples.
Je pense notamment au complexe de Karnak, à Louxor. Certaines colonnes dépassent les vingt mètres de hauteur. On se demande comment de tels monuments ont pu être construits il y a des milliers d'années.
On se sent tout petit face à cette grandeur, et c'est sans doute ce qui fascine le plus.

Comment vous êtes-vous organisés pour éviter les fortes chaleurs…et les touristes ?
Toutes les visites étaient organisées très tôt le matin. Cela permettait d'éviter à la fois la chaleur et les foules.
Nous sommes partis début mars, avec des températures agréables, autour de 25 °C. Mais en Égypte, même à cette période, il y a très peu d'ombre. Le fait de visiter tôt rendait donc les journées beaucoup plus confortables.
L'Égypte est une destination très touristique. Grâce au guide local, nous savions exactement à quelle heure arriver sur chaque site et dans quel ordre les découvrir.

Nous croisions très peu de monde : lorsque nous terminions une visite, les autocars commençaient tout juste à arriver. C'était vraiment très agréable.
Nous avons ainsi pu découvrir les temples, les musées, les villages et la mosquée dans d'excellentes conditions.
Le voyage a eu lieu pendant le Ramadan. Cela a-t-il changé votre organisation ?
Oui, les habitudes du pays changent pendant cette période. Nous avons donc adapté le programme.
Les visites commençaient encore plus tôt, car certains sites fermaient l'après-midi. Nous déjeunions vers 14 h, puisque les restaurants fermaient ensuite pour préparer le repas de rupture du jeûne.

Les après-midis étaient consacrés à la détente ou aux conférences, ce qui rendait le rythme du voyage particulièrement agréable.
Le trafic au Caire était beaucoup plus fluide que d'habitude et les sites étaient plus calmes. Il y avait aussi moins de visiteurs égyptiens.

Au final, ce qui pouvait sembler être une contrainte s'est révélé être un véritable avantage pour le groupe.
Quelle visite ou escale trouvez-vous incontournable ?
Sans surprise, je dirais les pyramides de Gizeh et le Sphinx, au Caire.

On a beau les avoir vus des milliers de fois en photo, quand on arrive devant, c'est toujours très impressionnant. Il y a aussi toute la symbolique : c'est la dernière merveille du monde antique encore debout que l'on peut admirer aujourd'hui.
Pour moi, c'est vraiment la carte postale de l'Égypte, l'image que tout le monde a en tête.
Quel a été le moment où vous avez senti le plus d'émerveillement chez les voyageurs ?
Je dirais lors de la visite du temple d'Abou Simbel.
Nous sommes arrivés très tôt, vers 6 h 30, au moment du lever du soleil. Le site fait face au lac Nasser. Le soleil se levait, avec de magnifiques reflets orangés et rouges qui illuminaient à la fois le lac et le temple. Il n'y avait presque personne. On ne pouvait qu'admirer le paysage et rester silencieux face à un tel spectacle.

C'est un site assez difficile d'accès, tout au sud de l'Égypte. Il faut plusieurs heures de route pour y parvenir. Cela demande un peu de patience, mais c'est un endroit qui vaut vraiment le Ddéplacement.
Nous sommes restés plusieurs minutes sans rien dire, simplement à contempler le temple. C'était un grand moment.
Quel était votre moment préféré durant la croisière ?
Mon moment préféré, c'était le vol en montgolfière à Louxor, au lever du soleil.
C'était la première fois que je faisais de la montgolfière. Nous avons survolé la Vallée des Rois, le temple d'Hatchepsout et le Nil.
Ce qui m'a le plus impressionnée, c'est le contraste entre le désert d'un côté et les terres verdoyantes irriguées par le Nil de l'autre. C'était magnifique.

Entre les sites antiques, les paysages et l'expérience de la montgolfière, c'est un souvenir qui a autant marqué les passagers que moi.
Quelle image garderez-vous de cette croisière ?
Les rives du Nil.
Je pensais naïvement que l'Égypte serait surtout désertique. En réalité, les rives du Nil sont très vivantes.
Pendant la navigation, on voyait des buffles s'abreuver, des palmiers-dattiers et des paysages qui défilaient au fil du fleuve.

On croisait aussi des enfants qui nous faisaient coucou depuis les berges, des villages, des minarets, et l'on entendait parfois l'appel à la prière.
Pour moi, c'est vraiment l'image que je retiens de cette croisière. C'est ce qui m'a le plus surprise.
Y a-t-il un souvenir que vous n'oublierez pas ?
La rencontre avec la communauté nubienne à Assouan est le souvenir qui m'a le plus touchée.
C'est une communauté qui a su préserver sa langue, ses traditions et sa culture. Nous avons visité leur village et partagé un moment avec les habitants autour de spécialités locales. Nous avons bu du thé à la menthe, goûté du pain accompagné de miel de nigelle et découvert leur mode de vie.

Les villages nubiens sont au milieu du désert, avec des maisons peintes de couleurs très vives, notamment turquoise et jaune.
Voir les habitants, échanger avec eux et découvrir leur quotidien, c'est un moment que l'on n'oublie pas.
Quel moment partagé avec les voyageurs vous a le plus marquée ?
Je pense à une scène qui m'a beaucoup fait sourire.
En Égypte, la négociation est un véritable rituel social. Au souk, le guide nous expliquait qu'elle fait partie de l'échange avec le vendeur.

Les voyageurs ont ensuite eu du temps libre. Lorsqu'ils sont revenus, plusieurs nous ont montré leurs achats en expliquant combien ils avaient réussi à négocier. Ils rejouaient même leurs échanges avec les vendeurs et étaient très fiers de leurs bonnes affaires.
C'est une anecdote toute simple, mais c'est aussi ce qui fait le charme d'un voyage : ces petits échanges et ces souvenirs que chacun ramène avec lui.
Qu'est-ce qui rend cette destination si particulière selon vous ?
Je pense que ce qui rend l'Égypte si particulière, c'est qu'elle tient ses promesses à plusieurs niveaux : historique, culturel et naturel.

Sur le plan historique, on visite des sites vieux de plus de 4 000 ans qui sont toujours là. Il y a toute cette fascination autour de l'Égypte antique.
Sur le plan culturel, la société égyptienne est très différente de la nôtre. On découvre un pays qui mêle traditions et modernité, notamment au Caire.
La cuisine fait aussi partie du voyage. Je pense au koshari et au taameya. Pour moi, la découverte passe aussi par le palais.
Et puis, il y a la nature. J'imaginais l'Égypte comme un pays de sable et de désert, mais elle est bien plus variée. Il y a les rives verdoyantes du Nil, le désert Blanc ou encore la mer Rouge et ses fonds marins. On découvre une véritable diversité de paysages.

C'est une destination tellement riche que l'on peut y revenir plusieurs fois pour en explorer une nouvelle facette à chaque voyage.